Réglementaire
Mis à jour le
10/20/2026
20/10/26

Conformité REACH fournisseurs : le guide pour sécuriser vos articles et vos preuves

La conformité REACH fournisseurs se prouve article par article : rôles dans la chaîne, liste candidate SVHC, seuil de 0,1 % m/m, FDS, SCIP, AGEC, tableau des preuves et checklist d’audit en 12 points.

Gautier Veysset
Rédacteur spécialiste industrie
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Conformité REACH fournisseurs : le guide pour sécuriser vos articles et vos preuves

En bref

  • La conformité REACH fournisseurs ne consiste pas à « collectionner des FDS ». Elle consiste à démontrer, article par article, quelles substances de la liste candidate sont présentes au-delà de 0,1 % masse/masse, puis à transmettre l'information au bon destinataire.
  • Quatre obligations se cumulent et ne se remplacent pas : enregistrement des substances au-delà de 1 t/an, information dans la chaîne (article 33), notification à l'ECHA (article 7.2), et déclaration SCIP.
  • La liste candidate compte 253 entrées depuis le 4 février 2026 et elle est révisée deux fois par an : chaque révision peut faire basculer un article déjà commercialisé en zone d'obligation.
  • Le seuil de 0,1 % m/m s'apprécie par article, jamais sur la masse totale d'un assemblage. C'est l'erreur de calcul la plus fréquente en audit.
  • En France, la loi AGEC (article L. 541-9-1 du code de l'environnement) ajoute une information consommateur qui ne se confond ni avec SCIP, ni avec l'article 33.
  • Ce guide fournit deux tableaux de décision (responsabilités, preuves), un exemple de calcul chiffré, une checklist d'audit en 12 points et les 6 erreurs les plus fréquentes.

1. Conformité REACH fournisseurs : ce que le règlement exige réellement

La conformité REACH d'un fournisseur consiste à démontrer trois choses : que les substances contenues dans ce qu'il met sur le marché sont connues, que leur usage est autorisé dans les conditions prévues, et que l'information circule jusqu'au destinataire. Le règlement (CE) n° 1907/2006 est d'application directe en France : il ne nécessite aucune transposition et s'applique à toute entreprise de l'Espace économique européen qui fabrique, importe, distribue ou utilise des substances, seules, dans des mélanges ou contenues dans des articles (texte consolidé sur EUR-Lex, présentation du ministère de la Transition écologique).

Trois notions doivent être distinguées avant d'entrer dans les obligations, car elles structurent tout le reste :

  • La substance : une substance chimique, telle quelle ou dans un mélange.
  • Le mélange : préparation de deux substances ou plus (peinture, dégraissant, adhésif, lubrifiant).
  • L'article : un objet qui, au cours de sa production, reçoit une forme, une surface ou un dessin particuliers qui déterminent plus largement sa fonction que sa composition chimique (article 3, point 3).

Cette dernière définition est décisive pour une usine. Un joint, une vis, un câble, un coffret, une carte électronique sont des articles. Un assemblage complet est lui aussi un article, mais il contient d'autres articles : la réglementation impose alors de raisonner à chaque niveau, car c'est le niveau « article » qui déclenche le seuil de 0,1 % m/m. Les emballages sont eux aussi des articles : pour les substances préoccupantes dans les emballages (PPWR, PFAS), un cadre spécifique s'ajoute à REACH.

Un principe opérationnel : « once an article, always an article »

Un article reste un article, même lorsqu'il est intégré dans un objet plus complexe. Cette lecture, portée par les institutions européennes, a une conséquence très concrète : on ne « dilue » pas sa responsabilité en assemblant. Si un composant dépasse 0,1 % m/m de substance extrêmement préoccupante (SVHC), l'assemblage final transporte cette information, même si la concentration rapportée à la masse totale devient infime.

Ce que la conformité n'est pas

Trois confusions fréquentes coûtent cher :

  1. La conformité REACH n'est pas une certification. Aucun certificat ISO 9001, ISO 14001 ou IATF ne vaut preuve de conformité REACH.
  2. Elle n'est pas un statut acquis. Une déclaration fournisseur de 2023 ne dit rien des substances ajoutées à la liste candidate en 2025.
  3. Elle n'est pas un document unique. C'est un dossier de preuves, daté, versionné, par article et par substance.
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2. Qui est responsable de quoi dans la chaîne d'approvisionnement ?

La répartition des responsabilités REACH ne suit pas la position commerciale, mais la position juridique : fabricant, importateur, utilisateur en aval, distributeur. Un même site industriel peut cumuler plusieurs rôles selon les flux - et donc cumuler les obligations. Le tableau ci-dessous sert de base de discussion en revue de conformité.

RôleSituation typiqueObligations REACH principalesPreuve à produire ou à collecter
Fabricant d'articles établi dans l'UEUsine qui assemble ou transforme et met sur le marché européenConnaître la composition de ses articles ; information article 33 vers les destinataires professionnels ; notification article 7.2 si > 1 t/an de SVHC ; déclaration SCIP ; respect des annexes XIV et XVII ; FDS si substances ou mélangesFiches de calcul 0,1 % m/m par article ; attestations fournisseurs datées ; dossiers SCIP ; FDS à jour
ImportateurSociété qui achète hors UE et met le produit sur le marché de l'UnionPorte les obligations du fabricant pour les articles importés : article 33, article 7.2, SCIP, annexes XIV et XVII. Doit obtenir les données de composition de son fournisseur hors UE, y compris après la mise sur le marchéDéclarations de composition du fournisseur non-UE ; mandat de collecte ; preuve de la vérification documentaire ; dossiers SCIP
Utilisateur en aval (DU)Site qui utilise des substances ou mélanges dans ses procédés (nettoyage, collage, traitement de surface, formulation)Appliquer les mesures de gestion des risques et les scénarios d'exposition de la FDS ; vérifier que ses usages sont couverts ; informer son fournisseur si un usage n'est pas couvert ; respecter l'annexe XVII. S'il met ensuite des articles sur le marché, il devient fournisseur d'articlesFDS reçues et datées ; eSDS avec scénarios d'exposition ; preuve de la vérification de couverture des usages ; échanges écrits avec le fournisseur
DistributeurNégoce, centrale d'achat, distribution techniqueTransmettre l'information article 33 reçue ; fournir la FDS au client ; conserver les informations ; ne pas modifier l'étiquetage. S'il appose sa marque ou reformule, il peut assumer les obligations d'un fabricant ou d'un importateurAttestations répercutées sans modification ; traçabilité des versions transmises ; FDS en langue du client
Acteur établi hors UEFabricant ou formulateur non européenPas d'obligation REACH directe sur le territoire de l'Union : il fournit les données nécessaires à son importateur. Un représentant exclusif (article 8) peut porter l'enregistrement des substances, mais ne transfère pas les obligations liées aux articles (article 33, 7.2, SCIP), qui restent à la charge de l'opérateur européenDossier de composition complet et signé ; engagement contractuel de notification en cas de changement de formulation ; coordonnées du représentant exclusif si applicable
Responsable Qualité / Réglementaire interneFonction transverseStructurer le référentiel, arbitrer les cas limites, préparer les réponses aux autorités et aux clients, tenir la preuveRéférentiel articles versionné ; registre des déclarations ; procédure de réponse consommateur ; historique des mises à jour

Deux points d'attention que les audits révèlent régulièrement :

  • L'importateur ne peut pas se cacher derrière son fournisseur. Les obligations d'article 33, d'article 7.2 et de SCIP pèsent sur celui qui met l'article sur le marché de l'Union. Une attestation chinoise non traduite et non datée n'est pas une preuve.
  • Le distributeur qui reformule ou appose sa marque change de statut. La limite entre négoce et mise sur le marché « sous sa propre responsabilité » mérite d'être tranchée avec le service juridique, car elle déplace les obligations.

3. Les obligations REACH qui concernent les fournisseurs d'articles

Le tableau suivant synthétise les obligations applicables, avec leur déclencheur exact. Il sert de référentiel commun entre Achats, Qualité, Réglementaire et HSE.

ObligationQui est concernéDéclencheurLivrable attendu
EnregistrementFabricant ou importateur de substances (y compris contenues dans des mélanges)Fabrication ou importation ≥ 1 tonne par an et par entité légaleNuméro d'enregistrement couvrant l'usage
Autorisation (annexe XIV)Tout opérateur qui fabrique, importe ou utilise une substance listéeSubstance inscrite à l'annexe XIV, après sa date d'expirationDécision d'autorisation, ou substitution
Restrictions (annexe XVII)Tout opérateur, y compris fournisseur d'articlesSubstance et usage figurant à l'annexe XVII, avec sa limite de concentrationPreuve de conformité à la condition de restriction
Fiche de données de sécurité (annexe II)Fournisseur de substance ou de mélange dangereux, ou de SVHCDanger classé, ou substance SVHCFDS conforme à l'annexe II, à jour, en langue du destinataire
Information article 33.1Tout fournisseur d'articleSVHC > 0,1 % m/m dans l'articleInformation écrite au destinataire professionnel ou au distributeur, mentionnant au minimum le nom de la substance
Information article 33.2Tout fournisseur d'articleDemande d'un consommateurRéponse gratuite sous 45 jours
Notification article 7.2Producteur ou importateur d'articlesSVHC > 0,1 % m/m et quantité totale > 1 t/anNotification à l'ECHA, dans les six mois suivant l'inscription de la substance
Déclaration SCIPFournisseur d'article contenant une SVHC > 0,1 % m/mMise sur le marché d'un article concerné, sans seuil de tonnageDossier dans la base SCIP de l'ECHA
Information AGEC (France)Met en marché des produits générateurs de déchets entrant dans le périmètreSubstance dangereuse > 0,1 % m/m selon les critères françaisMention d'information consommateur, accessible au moment de l'achat

Trois lectures utiles de ce tableau :

  • Le seuil de 1 t/an ne concerne que l'enregistrement et l'article 7.2. L'article 33 et SCIP s'appliquent dès 0,1 % m/m, quel que soit le tonnage. Un produit vendu à 20 unités par an reste concerné.
  • La FDS et l'article 33 ne s'adressent pas aux mêmes objets. La FDS concerne les substances et mélanges ; l'information article 33 concerne les articles. Attendre une FDS pour un article, c'est attendre un document qui n'existe pas.
  • Chaque obligation a son destinataire. Un client professionnel, un consommateur, l'ECHA et le consommateur français au titre de l'AGEC ne reçoivent pas la même information, au même moment, par le même canal.

4. Liste candidate SVHC : 253 substances depuis le 4 février 2026, révisée deux fois par an

La liste candidate recense les substances susceptibles de faire l'objet d'une autorisation. Elle compte 253 entrées depuis le 4 février 2026, date de l'ajout de nouvelles substances (source : service national d'assistance réglementaire REACH, INERIS). Elle est mise à jour deux fois par an par l'ECHA, ce qui en fait un référentiel vivant, et non un document de référence figé (liste candidate officielle).

Une substance peut y être inscrite si elle remplit au moins un critère :

  • cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction de catégorie 1A ou 1B ;
  • persistante, bioaccumulable et toxique (PBT) ;
  • très persistante et très bioaccumulable (vPvB) ;
  • préoccupation équivalente, notamment perturbateur endocrinien, sensibilisant respiratoire, ou substance persistante, mobile et toxique (PMT / vPvM).

Ce que « 253 entrées » signifie concrètement

Le décompte se fait en entrées, et une entrée peut regrouper plusieurs substances ou formes (sels, isomères). Conséquence pratique : on ne compare pas un nombre de substances à un nombre de lignes dans un tableur ; on compare des identifiants. Les bons identifiants sont le numéro CAS, le numéro CE et, en cas d'ambiguïté, le nom de l'entrée tel qu'il figure sur la liste.

Les trois dates à suivre dans un système documentaire

DateCe qu'elle déclencheOù elle se trouve
Date d'inscription sur la liste candidatePoint de départ des six mois pour la notification article 7.2 et pour l'information AGECPage de la substance sur le site de l'ECHA
Date de réception d'une demande consommateurPoint de départ du délai de 45 jours de l'article 33.2Registre des demandes
Date de version de votre référentiel internePoint de départ de la validité des déclarations fournisseursRegistre des déclarations

Sans ces trois dates, un dossier REACH est difficilement défendable : on peut prouver qu'on a collecté des documents, pas qu'on était à jour.

Une conséquence directe sur les achats

Chaque révision biannuelle peut faire entrer une substance déjà présente dans vos articles. Deux réflexes limitent l'exposition :

  1. Interroger les fournisseurs sur les substances en cours d'évaluation, pas seulement sur celles déjà listées, afin d'anticiper une substitution ou une nouvelle déclaration.
  2. Prévoir une clause contractuelle de notification : le fournisseur s'engage à signaler tout changement de formulation et toute nouvelle inscription concernant ses articles, dans un délai défini.

5. Annexe XIV et annexe XVII : autorisation, restriction, et ce que cela change pour vos achats

Les annexes XIV et XVII sont souvent confondues avec la liste candidate. Elles n'ont pourtant ni la même fonction, ni les mêmes conséquences opérationnelles.

RéférentielObjetConséquence pour l'opérateurAction fournisseur attendue
Liste candidateSubstances identifiées comme extrêmement préoccupantesPas d'interdiction. Obligations d'information (article 33), de notification (article 7.2) et de déclaration SCIPDéclarer la présence au-delà de 0,1 % m/m, par article
Annexe XIVSubstances soumises à autorisationInterdiction d'usage sans décision d'autorisation après la date d'expiration (« sunset date »)Prouver l'autorisation, ou engager une substitution planifiée
Annexe XVIIRestrictions d'usage, de mise sur le marché ou de fabricationInterdiction ou limitation conditionnée à une concentration maximaleProuver le respect de la condition de restriction, avec la méthode d'analyse

Annexe XIV : anticiper la date d'expiration, pas la subir

Une substance de l'annexe XIV reste utilisable jusqu'à sa date d'expiration. Passé cette date, l'usage européen exige une autorisation délivrée par la Commission européenne, après avis des comités scientifiques de l'ECHA. Pour un acheteur, l'enjeu est de disposer d'un plan de substitution avant cette échéance : qualification d'une alternative, essais, validation client. Découvrir l'échéance dans un audit est un scénario coûteux, car il peut interrompre une ligne de production.

Annexe XVII : la restriction se lit « usage par usage »

Une restriction ne signifie pas toujours une interdiction générale. Elle peut fixer une concentration maximale pour certains usages, ou viser uniquement les articles destinés au grand public. Deux conséquences :

  • La conformité s'apprécie pour un usage donné, pas pour la substance en général.
  • La preuve attendue est souvent analytique : une déclaration de conformité sans méthode ni limite de détection est faible en audit.

Une substance peut relever simultanément de plusieurs référentiels (par exemple être sur la liste candidate, puis être inscrite à l'annexe XIV ou XVII). Le suivi doit donc être par substance et par référentiel, jamais par liste unique.

6. FDS et eSDS : lire l'annexe II et les scénarios d'exposition sans se tromper

La fiche de données de sécurité (FDS) est le vecteur d'information pour les substances et les mélanges. Son contenu et son format sont encadrés par l'annexe II du règlement REACH : 16 rubriques, dans un ordre défini. La FDS est obligatoire pour les substances et mélanges dangereux, ainsi que pour les substances extrêmement préoccupantes (présentation du ministère).

Les cinq contrôles qui suffisent à écarter 80 % des FDS problématiques

  1. La date de révision et la version. Une FDS de plus de trois ans sans révision justifiée doit être questionnée, en particulier si la classification de la substance a évolué.
  2. La rubrique 1.2 (usages identifiés pertinents). Si votre usage industriel n'y figure pas, votre fournisseur ne l'a pas évalué : c'est un écart, pas un détail.
  3. La rubrique 3 (composition). Elle peut déclarer les substances au-delà de seuils génériques, sans être exhaustive. Une FDS n'est pas un certificat de composition complète.
  4. La cohérence classification / étiquetage / valeurs limites. Une classification incohérente avec le reste du document signale souvent un document assemblé rapidement.
  5. La langue et la destination. Une FDS livrée en anglais à un utilisateur français ne satisfait pas, en soi, l'exigence de mise à disposition dans la langue du destinataire.

eSDS : quand la FDS est prolongée par des scénarios d'exposition

Lorsque la substance fait l'objet d'une évaluation de la sécurité chimique - notamment au-delà de 10 t/an pour les substances dangereuses ou PBT/vPvB - la FDS est complétée par des scénarios d'exposition en annexe. On parle alors de FDS étendue, ou eSDS. Un scénario d'exposition décrit les conditions dans lesquelles la substance peut être utilisée en sécurité : procédé, quantité, durée, température, ventilation, protection individuelle, gestion des déchets.

Côté utilisateur en aval, la logique est la suivante :

  • vérifier que chaque usage réel du site est couvert par un scénario ;
  • si un usage n'est pas couvert, informer le fournisseur pour qu'il complète son évaluation, ou réaliser sa propre évaluation de la sécurité chimique ;
  • conserver la preuve de cette vérification, datée, par usage et par FDS.

Ce point est un classique d'audit : l'eSDS est présente, mais personne ne peut dire si l'usage réel du site - température, débit, confinement - correspond au scénario décrit. Une FDS reçue n'est pas une FDS appliquée.

Pour aller plus loin sur la lecture des scénarios, le ministère publie un guide dédié : Tout savoir sur les scénarios d'exposition. L'ECHA met également à disposition ses ressources sur les FDS étendues.

7. Quel document prouve quoi ? Tableau des preuves et de leurs limites

Aucun document ne prouve à lui seul la conformité REACH d'un article. La solidité d'un dossier vient de la superposition de preuves de nature différente, chacune couvrant ce que les autres ne couvrent pas.

DocumentCe qu'il prouveSa limiteNiveau de preuve en audit
FDS (annexe II)La classification, les dangers, les usages identifiés et la composition déclarée d'une substance ou d'un mélangeNe concerne pas les articles ; composition non exhaustive ; ne prouve pas la conformité de l'article ; peut être obsolèteMoyen si datée et cohérente, faible si ancienne
eSDS (FDS + scénarios d'exposition)Que des conditions opératoires sûres ont été évaluées pour des usages précisNe couvre que les usages décrits ; l'utilisateur doit vérifier la couverture ; ne concerne pas les articlesMoyen à fort si la couverture des usages est documentée
Attestation SVHC fournisseurQue le fournisseur a vérifié la présence de SVHC dans l'article et s'engage par écritDocument autodéclaratif ; souvent sans version de liste, sans seuil, sans détail par composant ; engageant mais pas infaillibleFaible si générique, fort si structurée (article, seuil, version de liste, date, signataire)
Certificat (ISO 9001, ISO 14001, ISO 45001, IATF…)Qu'un système de management est en placeNe prouve aucune conformité substance par substance ; ne vaut pas attestation REACHFaible pour REACH, utile pour la maturité du fournisseur
Déclaration SCIP (dossier, numéro)Que l'article a été notifié dans la base SCIP pour les SVHC au-delà de 0,1 %L'ECHA ne valide pas le contenu ; le dossier peut être incomplet ; ne remplace ni l'article 33 ni l'AGECMoyen : prouve une démarche, pas l'exhaustivité
Rapport d'analyse laboratoire (ICP, chromatographie, XRF)La concentration mesurée d'une substance dans un échantillon, avec une méthode et une limite de détectionReprésentativité de l'échantillon ; toutes les substances ne sont pas détectables ; le XRF est un dépistage, pas une quantificationFort pour la substance testée, silencieux sur le reste
Déclaration de conformité annexe XVIILe respect d'une condition de restriction pour un usage donnéDépend de la méthode et du seuil déclarés ; ne couvre pas les autres obligationsMoyen à fort si la méthode est précisée

Comment lire ce tableau en pratique

  • Une attestation SVHC sans version de liste ne dit pas grand-chose : « absence de SVHC » au regard de quelle liste, à quelle date ?
  • Une déclaration SCIP atteste d'une notification, pas de la qualité de l'analyse de composition.
  • Un certificat ISO prouve une organisation, pas une substance.
  • Un rapport d'analyse prouve une mesure, pas une absence.

Le bon réflexe : croiser au moins deux sources indépendantes pour chaque article critique. Une attestation fournisseur plus un rapport d'analyse, ou une déclaration SCIP plus une fiche de calcul interne, valent mieux que trois attestations de même nature.

8. Calcul du seuil de 0,1 % m/m par article : méthode et exemple chiffré sur un assemblage industriel

Le seuil de 0,1 % s'apprécie en masse de substance rapportée à la masse de l'article, et non à la masse du produit fini. C'est un rapport masse/masse (m/m), souvent noté % m/m. La méthode tient en quatre étapes.

Étape 1 - Découper le produit en articles

Il faut identifier chaque article au sens de l'article 3, point 3 : un objet dont la forme, la surface ou le dessin déterminent sa fonction. Un assemblage industriel contient généralement plusieurs articles, et parfois des sous-articles. Ce découpage doit être écrit et justifié : c'est la pièce que l'auditeur demandera en premier.

Étape 2 - Peser chaque article

La masse de référence est celle de l'article, pas celle du produit livré. Une vis de 12 g, un joint de 150 g, un faisceau de câbles de 1 200 g.

Étape 3 - Calculer la masse de substance

Masse de substance = masse de l'article × concentration de la substance dans l'article.

Deux pièges fréquents : la concentration doit être celle dans l'article, et non dans la matière première achetée (une gaine colorée peut contenir un additif présent uniquement dans le masterbatch) ; et il faut convertir les unités avec rigueur (g, mg, kg).

Étape 4 - Comparer au seuil

Seuil (en masse) = masse de l'article × 0,1 %. Si la masse de substance dépasse ce seuil, l'article est au-dessus de 0,1 % m/m : les obligations de l'article 33, de SCIP et, le cas échéant, de l'article 7.2 s'appliquent pour cette substance. La fiche de calcul détaillée et les cas limites sont présentés dans notre méthode pour calculer la concentration par article.

Exemple chiffré complet : unité de commande industrielle UC-40

Prenons un assemblage industriel de 12 400 g, produit à 4 000 unités par an, composé de 8 articles. Le fournisseur d'un joint a déclaré du DEHP (bis(2-éthylhexyl) phtalate) ; le fournisseur de visserie a déclaré du plomb dans un insert en laiton.

ArticleMasse de l'articleSubstance suivieConcentrationMasse de substanceSeuil à 0,1 % de l'articleConclusion
Coffret acier peint8 000 gaucune identifiée--8,0 gSous le seuil
Module d'alimentation1 000 gDEHP0,04 %0,40 g1,0 gSous le seuil
Carte électronique600 gaucune identifiée--0,6 gSous le seuil
Faisceau de câbles1 200 gDEHP (gaine PVC)0,12 %1,44 g1,2 gAu-dessus du seuil
Joint élastomère150 gDEHP0,18 %0,27 g0,15 gAu-dessus du seuil
Vitre polycarbonate900 gaucune identifiée--0,9 gSous le seuil
Visserie (dont insert laiton de 95 g)300 gPlomb0,095 %0,285 g0,3 gSous le seuil au niveau « visserie »
Poignées plastiques250 gaucune identifiée--0,25 gSous le seuil

Quatre enseignements de ce calcul.

  1. Le produit complet paraît irréprochable. La quantité totale de DEHP de l'unité est de 1,44 + 0,27 + 0,40 = 2,11 g, soit 0,017 % de la masse totale de 12 400 g. Calculé sur le produit fini, le dossier conclurait à l'absence de dépassement. C'est pourtant faux : deux articles dépassent 0,1 % m/m.
  2. Le seuil se joue sur des masses faibles. Le joint de 150 g contient 0,27 g de DEHP, soit 0,18 % : au-dessus du seuil, alors qu'il représente 1,2 % de la masse de l'assemblage. Plus l'article est léger, plus une petite quantité de substance suffit à franchir le seuil.
  3. Le découpage change le résultat. L'insert en laiton de 95 g contient 0,285 g de plomb, soit 0,30 % - au-dessus du seuil. Rapporté à l'article « visserie » de 300 g, le même plomb représente 0,095 %, sous le seuil. Deux lectures, deux conclusions : d'où l'importance de documenter le découpage retenu, avec un schéma et une justification.
  4. La déclaration fournisseur n'est pas une analyse. Si le fournisseur du joint avait indiqué « sans SVHC », l'écart n'aurait jamais été détecté. C'est pourquoi les articles critiques justifient une vérification indépendante.

Ce que cet exemple déclenche, obligation par obligation

  • Article 33.1 : le fournisseur de l'assemblage doit informer ses destinataires professionnels de la présence de DEHP au-delà de 0,1 % m/m dans le faisceau de câbles et dans le joint, avec au minimum le nom de la substance et les informations permettant un usage sûr.
  • Article 33.2 : un consommateur qui en fait la demande doit recevoir cette information gratuitement, dans les 45 jours.
  • Article 7.2 : la quantité annuelle de DEHP contenue dans les articles produits est de 2,11 g × 4 000 = 8,44 kg/an, très en dessous de 1 t/an. Aucune notification à l'ECHA n'est donc requise pour cette substance. Il faudrait produire environ 118 500 unités par an pour atteindre le seuil d'une tonne.
  • SCIP : la déclaration reste obligatoire, sans condition de tonnage, pour les deux articles concernés.
  • AGEC : si le produit entre dans le périmètre des produits générateurs de déchets visés par l'article L. 541-9-1 du code de l'environnement, une information consommateur spécifique doit être prévue.

Ce dernier point est essentiel : le seuil de 1 t/an ne sert qu'à l'article 7.2. Il n'exonère ni de l'article 33, ni de SCIP, ni de l'AGEC. Une entreprise qui « passe sous la tonne » reste redevable de l'information.

Les cas limites à documenter

  • Mélange incorporé dans un article : la concentration à retenir est celle de la substance dans l'article, pas celle du mélange avant transformation.
  • Réaction chimique lors de la fabrication : une substance consommée par réaction n'est plus « contenue » dans l'article ; cela doit être démontré, pas supposé.
  • Alliages et impuretés : un élément présent comme impureté à un niveau significatif doit être suivi, même s'il n'est pas intentionnel.
  • Réutilisation d'un composant déjà mis sur le marché : l'information reçue doit être conservée et transmise en aval.

La méthodologie de calcul et les exemples de cas limites sont détaillés dans les guides officiels, notamment le guide pour les fournisseurs d'articles mis en ligne par le service national d'assistance réglementaire.

9. SCIP et obligation française AGEC : deux obligations distinctes de l'article 33

Trois obligations d'information coexistent en France, avec des fondements, des destinataires et des délais différents. Les traiter comme un seul dispositif est une source classique de non-conformité. Pour préparer un dossier SCIP à partir des données fournisseurs, la méthode en cinq étapes est détaillée dans un guide dédié.

ObligationFondementDestinataireDéclencheurDélai
Article 33Règlement REACHClient professionnel ou distributeur, puis consommateur sur demandeSVHC > 0,1 % m/m dans l'articleSpontané pour le professionnel ; 45 jours pour le consommateur
SCIPDirective-cadre déchets, transposée à l'article L. 521-5 du code de l'environnementBase de données de l'ECHA (accessible aux opérateurs de déchets et aux consommateurs)SVHC > 0,1 % m/m dans l'article ou dans un composant d'un objet complexeAvant la mise sur le marché, sans seuil de tonnage
AGEC, article L. 541-9-1Loi du 10 février 2020, décret n° 2021-1285 et décret n° 2022-748ConsommateurSubstance dangereuse > 0,1 % m/m dans un produit générateur de déchets entrant dans le périmètreInformation disponible au moment de l'achat, au plus tard six mois après l'identification de la substance

SCIP : une déclaration par article concerné

La base SCIP (Substances of Concern In articles as such or in complex objects (Products)) est opérationnelle depuis le 5 janvier 2021. Elle ne comporte pas de seuil de tonnage : dès qu'un article contient une SVHC au-delà de 0,1 % m/m, il doit être notifié. Pour un objet complexe, la déclaration porte sur les articles concernés, avec leur identification.

Trois idées fausses à corriger :

  1. « SCIP vaut preuve de conformité REACH » : non. SCIP porte uniquement sur l'information relative aux SVHC.
  2. « SCIP remplace l'article 33 » : non. Le client professionnel doit recevoir l'information directement, par écrit.
  3. « SCIP remplace l'AGEC » : non. Les critères et le périmètre de l'AGEC sont distincts, comme le rappelle la FAQ officielle de l'article 13-I de la loi AGEC.

AGEC : une information consommateur, pas un registre technique

L'article L. 541-9-1 du code de l'environnement impose d'informer le consommateur sur les qualités et caractéristiques environnementales des produits générateurs de déchets, en particulier la présence de substances dangereuses. Depuis le 1er janvier 2023, cette information doit être disponible, notamment sous forme dématérialisée, au moment de l'achat (informations environnementales obligatoires, ministère de la Transition écologique).

Deux points de méthode :

  • Le seuil d'information est fixé à 0,1 % en pourcentage massique, cohérent avec REACH, mais le périmètre produits et les mentions sont propres au droit français (mention « contient une substance dangereuse » ou « contient une substance extrêmement préoccupante »).
  • Les obligations d'information sont différées de six mois après la première identification de la substance comme dangereuse. Ce délai doit être intégré dans les procédures, sous peine d'informer trop tard.

Conséquence pour une usine exportatrice ou multi-clients : un même article peut nécessiter trois livrables différents - information article 33 au client industriel, dossier SCIP, mention AGEC sur la fiche produit destinée au marché français.

10. Collecter et fiabiliser les preuves fournisseurs : le processus en 6 étapes

La difficulté opérationnelle n'est pas de comprendre la réglementation, mais d'obtenir, année après année, des données fiables d'un portefeuille de fournisseurs hétérogènes. Un processus en six étapes, avec des responsabilités explicites, évite les campagnes de collecte improvisées. Cette logique de preuves datées et versionnées est celle de toute la traçabilité réglementaire fournisseurs.

Étape 1 - Cartographier les articles mis sur le marché

Constituer une base articles : référence, désignation, masse, composition connue, fournisseur, statut d'importation, marchés de destination. Sans masse, le calcul du 0,1 % est impossible ; sans statut d'importation, la responsabilité est mal attribuée.

Étape 2 - Fixer la version de référence de la liste candidate

Chaque campagne doit s'appuyer sur une version datée de la liste (par exemple : « 253 entrées, version du 4 février 2026 »). Les réponses fournisseurs sont ensuite rattachées à cette version, ce qui permet de savoir ce qui doit être relancé à la révision suivante.

Étape 3 - Utiliser un questionnaire structuré, pas un e-mail libre

Un questionnaire exploitable demande, pour chaque article concerné :

  • l'identification de l'article et sa masse ;
  • le nom de la substance, son numéro CAS et son numéro CE ;
  • la concentration en % m/m dans l'article, et la masse de substance ;
  • la version de la liste candidate utilisée ;
  • la date, le nom et la fonction du signataire ;
  • l'engagement de notification en cas de changement de formulation.

Étape 4 - Relancer selon une règle écrite

Un taux de réponse de 100 % au premier envoi n'existe pas. Prévoir deux relances à échéances fixes, un canal alternatif (contact technique, pas seulement commercial), et une conséquence contractuelle documentée pour les non-réponses.

Étape 5 - Croiser les sources

Pour chaque article critique, confronter attestation, FDS disponible, dossier SCIP et calcul interne. Une incohérence entre la masse déclarée et la masse reçue, ou entre une attestation « sans SVHC » et une FDS mentionnant une substance listée, doit être traitée comme une alerte, pas comme un aléa administratif.

Étape 6 - Archiver, versionner, planifier

Conserver les preuves avec leur date de réception, dans un emplacement unique, et planifier la revue à chaque mise à jour de la liste candidate, des annexes XIV et XVII, et à chaque changement de fournisseur ou de formulation.

11. Checklist d'audit readiness REACH en 12 points

Cette grille peut être utilisée en auto-évaluation avant un audit client, une inspection ou une revue interne.

  1. Inventaire des articles mis sur le marché, avec masse, référence et marché de destination.
  2. Découpage en articles documenté par un schéma et une justification, y compris pour les objets complexes.
  3. Version de la liste candidate utilisée pour la dernière campagne, datée et identifiée (253 entrées au 4 février 2026).
  4. Attestations fournisseurs datées, signées, par article, avec concentration, seuil et version de liste.
  5. FDS à jour pour chaque substance et mélange dangereux, dans la langue du destinataire, section 3 vérifiée.
  6. Scénarios d'exposition disponibles et couverture des usages réels vérifiée, écarts documentés.
  7. Fiches de calcul 0,1 % m/m par article, avec masse, concentration et masse de substance.
  8. Évaluation de l'article 7.2 : tonnage annuel de chaque SVHC par producteur ou importateur, comparaison à 1 t/an.
  9. Dossiers SCIP déposés pour les articles concernés, cohérents avec les déclarations fournisseurs.
  10. Mentions AGEC intégrées aux fiches produit du périmètre concerné, avec la date d'identification des substances.
  11. Procédure de réponse consommateur sous 45 jours : responsable désigné, modèle de réponse, registre des demandes et des dates.
  12. Archivage horodaté et revue planifiée à chaque révision biannuelle de la liste et à chaque évolution des annexes XIV et XVII.

Un point non couvert ne signifie pas nécessairement non-conformité : il signifie absence de preuve. En audit, l'absence de preuve est traitée comme une non-conformité.

12. Les 6 erreurs fréquentes en conformité REACH fournisseurs

Ces six erreurs reviennent dans presque tous les diagnostics. Elles sont documentables, corrigeables et souvent peu coûteuses une fois identifiées.

Erreur 1 - Calculer le seuil de 0,1 % sur la masse totale du produit

C'est l'erreur la plus répandue. Un assemblage de 12 kg peut contenir un joint de 150 g à 0,18 % de SVHC, soit un dépassement parfaitement invisible à l'échelle du produit.

Correctif : imposer une fiche de calcul par article, avec la masse de l'article en première colonne et le seuil calculé en regard.

Erreur 2 - Confondre liste candidate, annexe XIV et annexe XVII

Les trois référentiels n'ont ni le même objet, ni les mêmes conséquences. Une substance peut être sur la liste candidate sans restriction, ou restreinte à l'annexe XVII sans figurer sur la liste candidate.

Correctif : un tableau de suivi par substance avec une colonne par référentiel, et une date de dernière vérification.

Erreur 3 - Se satisfaire d'une attestation « sans SVHC » non versionnée

Sans version de liste, sans seuil, sans identification de l'article et sans signataire, une attestation ne prouve presque rien. Elle protège parfois juridiquement, jamais techniquement.

Correctif : modèle d'attestation imposé, avec les six champs de l'étape 3 du processus de collecte.

Erreur 4 - Croire que la déclaration SCIP couvre tout

SCIP porte sur une seule obligation : l'information relative aux SVHC dans les articles, à destination des opérateurs de déchets et des consommateurs. Elle ne remplace ni l'article 33, ni l'AGEC, ni la vérification des annexes.

Correctif : traiter SCIP comme un livrable parmi trois, dans une même procédure d'information.

Erreur 5 - Attendre une FDS pour un article

Les FDS concernent les substances et les mélanges. Pour un article, l'information due est celle de l'article 33. Une demande de FDS à un fournisseur de composants mécaniques restera sans réponse valable.

Correctif : distinguer, dès le questionnaire d'achat, les fournisseurs de substances et mélanges des fournisseurs d'articles, et adapter le document demandé.

Erreur 6 - Ne pas tracer les délais

Deux délais structurent la conformité : 45 jours pour répondre à un consommateur, et six mois pour la notification article 7.2 comme pour l'information AGEC après identification d'une substance. Sans registre des dates, ces délais sont ingérables.

Correctif : un registre unique des demandes et des échéances, avec alerte automatique.

De la contrainte documentaire à la donnée exploitable

Une fois ces six erreurs corrigées, la difficulté restante est mécanique : maintenir à jour, pour des centaines de références et de fournisseurs, des masses, des concentrations, des attestations, des versions de listes et des échéances. C'est précisément le rôle d'une plateforme comme Tracklab, qui centralise les données fournisseurs et produits et automatise la collecte documentaire : les documents sont rattachés aux articles concernés, les données critiques qu'ils contiennent sont extraites, et les échéances de renouvellement sont suivies. Le calcul du seuil, la décision de conformité et l'interprétation réglementaire restent, eux, du ressort des équipes Qualité, Réglementaire et Achats.

Pour passer à l'action, nos équipes peuvent faire cadrer votre périmètre articles : cadrage, collecte fournisseurs, contrôle et pilotage récurrent des preuves.

Questions fréquentes

Conformité REACH :
vos questions.

Un fournisseur établi hors Union européenne doit-il respecter REACH ?

Il n'a pas d'obligation REACH directe sur le territoire de l'Union : les obligations d'information sur les articles (article 33), de notification (article 7.2) et de déclaration SCIP pèsent sur l'importateur ou sur l'opérateur qui met l'article sur le marché. En pratique, l'importateur doit donc contractualiser avec son fournisseur pour obtenir les données de composition, et prévoir une clause de notification en cas de changement de formulation. Un représentant exclusif peut porter l'enregistrement des substances, mais ne transfère pas les obligations liées aux articles.

Le seuil de 0,1 % s'applique-t-il au produit fini ou à chaque composant ?

À chaque article, au sens de l'article 3, point 3 du règlement REACH. Un assemblage est lui-même un article, mais il contient d'autres articles : le calcul doit être mené à chaque niveau pertinent, et le découpage documenté. Un composant qui dépasse 0,1 % m/m reste concerné même si, rapporté à la masse du produit fini, sa concentration devient négligeable.

Une attestation fournisseur « sans SVHC » suffit-elle ?

Non, sauf si elle est structurée. Elle doit préciser l'article concerné, sa masse, la version de la liste candidate utilisée, le seuil appliqué, la date et le signataire. Une attestation générique, non datée ou antérieure à la dernière révision de la liste ne protège pas. Pour les articles critiques, elle gagne à être croisée avec une FDS, un dossier SCIP ou un rapport d'analyse.

Notre fournisseur a déclaré l'article dans SCIP : sommes-nous couverts ?

Non. La déclaration SCIP satisfait une obligation d'information spécifique, issue de la directive-cadre déchets et transposée à l'article L. 521-5 du code de l'environnement. Elle ne dispense ni de l'information de l'article 33 au client professionnel, ni des mentions prévues par la loi AGEC pour les produits générateurs de déchets, ni de la vérification des annexes XIV et XVII.

Faut-il une FDS pour chaque article acheté ?

Non. La FDS, encadrée par l'annexe II, concerne les substances et les mélanges dangereux, ainsi que les substances extrêmement préoccupantes. Pour un article, l'information due est celle de l'article 33. Demander une FDS à un fournisseur de pièces mécaniques crée un faux sentiment de conformité et ne produit pas la preuve attendue.

Qui doit répondre au consommateur dans les 45 jours ?

Tout fournisseur d'article. La demande peut être adressée directement au fabricant, à l'importateur ou au distributeur ; elle n'exige pas de formulaire particulier, mais doit permettre d'identifier l'article. La réponse est gratuite et doit intervenir dans les 45 jours suivant la réception, avec au minimum le nom de la substance. Un registre des demandes et des dates de réponse est la meilleure preuve de conformité.

À quelle fréquence faut-il mettre à jour les déclarations fournisseurs ?

Au minimum à chaque révision de la liste candidate, soit deux fois par an, et à chaque évolution des annexes XIV et XVII. S'y ajoutent les événements propres au fournisseur : changement de formulation, changement de site de production, changement de sous-traitant. Un référentiel qui n'a pas été revu depuis plus d'un an est, de fait, en retard sur au moins deux révisions.

Que risque une entreprise en cas de non-conformité REACH ?

Le règlement étant d'application directe, les manquements relèvent du code de l'environnement, qui prévoit des sanctions administratives et pénales. Les contrôles peuvent être conduits par plusieurs corps d'inspection : inspecteurs des installations classées en DREAL ou DEAL, inspection du travail, DGCCRF, douanes. Au-delà du risque juridique, l'absence de preuve documentaire peut entraîner une suspension de référencement chez un client industriel ou une rupture d'approvisionnement.

Aller plus loin : les pages du cocon REACH

Ce guide est la page mère du sujet « conformité REACH fournisseurs ». Deux guides approfondissent la lecture des documents reçus :

Le calcul du seuil par article et la déclaration SCIP sont traités dans leurs guides, cités aux sections 8 et 9.

Sources officielles

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