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Mis à jour le
8/12/2025
20/10/26

Quelle certification GFSI choisir ?

IFS Food, BRCGS, FSSC 22000, SQF ou GLOBALG.A.P. ? Le bon choix se joue sur trois éléments : le scope GFSI de votre activité, le référentiel exigé par vos clients et la maturité de votre système de sécurité des aliments. Comparatif, grille de décision et FAQ.

Gautier Veysset
Rédacteur spécialiste industrie
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Quelle certification GFSI choisir ?

Le bon choix se joue sur trois éléments, pas sur une préférence de marque : le scope GFSI qui correspond réellement à votre activité, le référentiel exigé par vos clients et marchés, et la maturité de votre système de management de la sécurité des denrées alimentaires (SMSDA). Concrètement, un fabricant de produits alimentaires vendant à la distribution européenne arbitre le plus souvent entre IFS Food et BRCGS Food Safety ; une filière déjà structurée autour de l'ISO 22000 s'oriente fréquemment vers FSSC 22000 ; SQF répond davantage aux attentes des marchés nord-américains ; GLOBALG.A.P. concerne la production primaire agricole. Aucun de ces référentiels n'est « le meilleur » dans l'absolu : le meilleur est celui dont le périmètre reconnu couvre vos activités et que vos clients acceptent.

En bref : la réponse courte

  • Aucune « norme GFSI » unique n'existe : le GFSI ne rédige pas de référentiel, il compare (« benchmark ») des programmes de certification à ses exigences de référence.
  • Un certificat GFSI est toujours un certificat délivré par un organisme certificateur, au titre d'un programme précis, dans une version précise et pour un scope précis.
  • Tous les référentiels comparés ici sont reconnus par le GFSI, mais pas forcément pour toutes leurs versions ni pour toutes vos activités : la vérification se fait programme par programme.
  • Le critère décisif est commercial avant d'être technique : ce que votre client accepte comme preuve, et ce que votre site est capable de démontrer en audit.
  • La préparation documentaire pèse plus lourd que le référentiel choisi : la plupart des écarts d'audit se jouent sur les preuves fournisseurs, les spécifications et la traçabilité.
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GFSI : définition et rôle réel

GFSI, c'est quoi ?

Le GFSI, pour Global Food Safety Initiative, est une initiative sectorielle portée par le Consumer Goods Forum, qui rassemble industriels et distributeurs à l'échelle mondiale. Sa mission n'est pas d'auditer des usines : elle est de fixer un référentiel d'exigences (les Benchmarking Requirements) au regard duquel des programmes de certification sont évalués. Un programme qui satisfait ces exigences obtient la « reconnaissance GFSI » - un statut qui porte sur une version de programme et sur un ou plusieurs scopes d'activité, jamais sur une entreprise. La page Certification du GFSI le formule sans ambiguïté : le GFSI ne délivre pas de certification de sécurité alimentaire.

« Norme GFSI » : une expression impropre mais utile

Dans le langage courant des achats et de la qualité, on parle de « norme GFSI », de « standards GFSI » ou de « référentiel GFSI » pour désigner les programmes reconnus. Cette simplification est pratique en réunion, mais elle induit deux confusions coûteuses :

  1. Croire qu'il existerait un cahier des charges GFSI à appliquer tel quel. En réalité, vous appliquez le cahier des charges d'un propriétaire de programme (IFS Management, BRCGS, FSSC, SQFI, GLOBALG.A.P.), complété par les règles d'audit de ce programme.
  2. Croire que la reconnaissance est globale. Elle est accordée version par version et scope par scope ; une version plus ancienne peut ne plus être reconnue, et une activité peut ne pas être couverte.

« Certificat GFSI » : ce que le document atteste vraiment

Un certificat dit « GFSI » est émis par un organisme certificateur indépendant, après un audit réussi contre un programme reconnu. Trois précisions ont des conséquences directes en achat et en communication :

  • La formulation « GFSI certified » n'est pas autorisée, car elle laisserait entendre que le GFSI a certifié l'entreprise ; le GFSI précise également que l'usage de son logo à des fins promotionnelles n'est pas permis (voir sa FAQ). La mention correcte renvoie au programme : « certifié IFS Food version 8 », « certifié BRCGS Food Safety Issue 9 », etc.
  • Le certificat ne vaut que pour le périmètre audité : un site, des lignes, des familles de produits. Un site voisin, un entrepôt ou un façonnier ne sont pas couverts automatiquement.
  • Un certificat valide n'est pas un certificat reconnu : encore faut-il que la version du programme au titre de laquelle il a été délivré figure parmi les versions reconnues, pour le scope de votre activité.

Les quatre acteurs à ne pas confondre

ActeurRôleCe que vous devez vérifier
GFSI (Global Food Safety Initiative)Compare les programmes à ses Benchmarking Requirements et publie la liste des programmes reconnusQue la version du programme et le scope de votre site y figurent
CPO - propriétaire du programme (IFS Management, BRCGS, FSSC, SQFI, GLOBALG.A.P.)Rédige le référentiel, définit les règles d'audit et les calendriers de transitionLa version applicable à votre prochain audit et la date de bascule
Organisme certificateur (CB)Réalise l'audit et délivre le certificatAccréditation ISO/IEC 17065 ou ISO/IEC 17021, portée sur votre couple produit/activité
Organisme d'accréditationÉvalue la compétence des organismes certificateursAppartenance à l'IAF et signature des accords multilatéraux de reconnaissance (IAF MLA)

Ce que la reconnaissance GFSI implique sur votre certificat

La définition de la certification GFSI retenue par les acheteurs est en réalité une définition par preuves. Quatre points suffisent à qualifier un certificat, et ce sont exactement ceux qu'un auditeur client ou un acheteur vérifiera :

  1. Le programme est-il reconnu ? Tous les programmes d'un propriétaire ne le sont pas ; le propriétaire choisit les schémas qu'il soumet au benchmarking.
  2. La version est-elle reconnue ? La reconnaissance porte sur une version datée. Une version antérieure reste parfois acceptée par les clients, mais elle n'est plus « reconnue GFSI ».
  3. Le scope correspond-il à l'activité ? Le scope décrit l'activité industrielle (transformation de produits périssables d'origine animale, produits ambiants, emballage, production d'ingrédients, stockage, etc.). Le certificat doit mentionner un scope cohérent avec ce que vous fabriquez.
  4. L'organisme était-il accrédité pour cette portée ? L'accréditation est le mécanisme qui garantit l'indépendance et la compétence de l'organisme.

La conséquence pratique est simple : la vérification se fait en deux sources. L'organisme certificateur détient les détails du certificat ; le GFSI détient le statut de reconnaissance du programme et de sa version, consultable via le module des propriétaires de programmes reconnus.

Comment obtenir une certification GFSI : les 5 étapes

La séquence recommandée par le GFSI structure efficacement un projet, y compris en interne :

  1. Identifier votre scope à partir de vos activités réelles (transformation, conditionnement, stockage, emballage, production primaire), pas de votre code NAF.
  2. Choisir un propriétaire de programme reconnu pour ce scope, et vérifier ses exigences, son calendrier et ses règles.
  3. Identifier les organismes certificateurs habilités par ce programme dans votre pays.
  4. Cadrer le périmètre d'audit avec l'organisme : sites, lignes, produits exclus, activités sous-traitées.
  5. Passer l'audit et traiter les écarts dans les délais fixés par le programme.

Deux remarques opérationnelles. D'abord, les durées et les coûts varient fortement selon la taille du site, le nombre de lignes, le nombre de salariés et le programme : aucun chiffrage sérieux ne peut être donné sans cadrage préalable auprès du propriétaire de programme et de l'organisme. Ensuite, l'étape 4 est celle où se créent la plupart des mauvaises surprises : un périmètre mal délimité en amont se paie en écarts évitables.

Comparatif : IFS Food, BRCGS Food Safety, FSSC 22000, SQF et GLOBALG.A.P.

Le tableau suivant synthétise les différences qui pèsent réellement dans une décision. Les versions citées sont celles reconnues par le GFSI à date ; elles évoluent, et chaque transition doit être vérifiée auprès du propriétaire de programme.

Référentiel (propriétaire)Périmètre et secteurQui le demande en pratiqueCycle typePoints de vigilance
IFS Food v8 (IFS Management)Fabricants qui transforment des produits alimentaires et/ou conditionnent des produits nus avec risque de contamination ; négoce pur et produits entièrement sous-traités exclusDistribution européenne, enseignes et industriels demandeurs de marques de distributeurAudit initial puis audits de renouvellement à échéance rapprochée, avec notation par scorePérimètre strictement limité aux activités de production du site ; anticiper la version applicable et les exigences de notation
BRCGS Food Safety Issue 9 (BRCGS)Fabrication de produits alimentaires, mais aussi aliments pour animaux et production de (bio)chimiques, additifs et auxiliaires technologiquesDistributeurs et clients anglo-saxons, marchés export, donneurs d'ordre internationauxCycle annuel avec audit de renouvellement et système de gradesCulture sécurité des aliments et engagement de la direction fortement pondérés ; clôture des écarts attendue dans des délais courts
FSSC 22000 v6 (FSSC)Système fondé sur ISO 22000 + programme de PRP sectoriel (ISO/TS 22002) + exigences additionnelles ; couvre transformation, emballage, stockage/transport, aliments pour animaux, ingrédientsGroupes internationaux, clients exigeant un référentiel adossé à l'ISO, industriels de l'emballageLogique ISO : audit initial en deux étapes, surveillances périodiques, renouvellement pluriannuelCharge système plus lourde (exigences additionnelles : culture sécurité, fraude, défense, allergènes) ; périmètre de reconnaissance GFSI plus étroit que le périmètre total du programme
SQF Edition 9 (SQFI)Famille de codes par activité : fabrication, production primaire, emballage, stockage et distribution, aliments pour animauxClients nord-américains et enseignes internationales ; filiales de groupes américainsCycle annuel avec audit de renouvellement et cotation par niveau de résultatLe code applicable dépend de l'activité : une erreur de code fausse tout le périmètre ; exigence documentaire très structurée
GLOBALG.A.P. IFA v6 GFS (GLOBALG.A.P.)Production primaire agricole, notamment fruits et légumes, avec activités de pré-récolte et de manutention à la fermeDistributeurs, importateurs, marchés export, filières fruits et légumesAudit annuel, avec options de certification multi-sites selon les règles du programmeConcerne l'exploitation, pas l'usine de transformation ; attention, l'édition IFA v6 Smart n'est pas l'édition reconnue par le GFSI

IFS Food : le réflexe de la distribution européenne

IFS Food s'adresse aux fabricants qui transforment ou conditionnent des produits alimentaires, et son périmètre exclut explicitement le négoce et les produits totalement sous-traités. C'est un point à intégrer très tôt si vous avez une activité de courtage (broker) : elle ne sera pas couverte par votre certificat IFS Food. Le référentiel repose sur un score et un système de notation qui conditionnent le niveau du certificat ; l'enjeu de préparation porte donc autant sur la conformité que sur la solidité des preuves présentées. Pour un site déjà engagé, un logiciel dédié au pilotage des audits IFS Food permet de structurer les échéances et les preuves en amont.

BRCGS Food Safety : le standard international à forte exigence de culture

GFSI BRC (aujourd'hui BRCGS) est souvent décrit comme le référentiel le plus attendu par les distributeurs internationaux. Son périmètre reconnu couvre plusieurs scopes, de la transformation classique jusqu'aux aliments pour animaux et aux ingrédients. Deux exigences structurent la préparation : l'engagement de la direction et la culture sécurité des aliments (food safety culture), qui se démontrent par des preuves d'organisation et pas par des déclarations d'intention. Si vous préparez ce référentiel, l'accompagnement sur la certification BRC et la maîtrise de la gestion des non-conformités sont les deux chantiers qui font la différence.

FSSC 22000 : la cohérence ISO avant tout

La certification GFSI FSSC 22000 est une certification de système : ISO 22000, PRP sectoriels et exigences additionnelles. Elle séduit les organisations déjà familières de l'ISO et les groupes qui veulent un référentiel unique pour plusieurs types de sites, y compris l'emballage. En contrepartie, la documentation demandée est large, et les exigences additionnelles (culture sécurité des aliments, fraude, défense, allergènes, gestion des services et matériaux achetés) touchent directement les données fournisseurs.

SQF : la logique de codes et de marchés

SQF repose sur plusieurs codes dédiés à des activités distinctes, et le choix du code fait partie intégrante du projet. C'est un référentiel très présent dans les chaînes d'approvisionnement nord-américaines, avec une exigence de structuration documentaire élevée. La vigilance porte sur la correspondance entre le code retenu et la réalité du site - une erreur d'aiguillage se découvre rarement avant l'audit.

GLOBALG.A.P. : un autre terrain de jeu

GLOBALG.A.P. certifie la production primaire, à la ferme, et non la transformation. Pour une filière fruits et légumes, il constitue la brique « amont » du dispositif, alors qu'IFS Food, BRCGS ou FSSC 22000 couvrent l'aval industriel. Les deux niveaux se cumulent fréquemment chez un même donneur d'ordre, avec des exigences de preuves différentes.

La grille de décision en 5 critères

Quand plusieurs référentiels sont possibles, l'arbitrage se fait sur des critères vérifiables, pas sur une hiérarchie supposée.

CritèreQuestion à trancherOù trouver la réponse
1. Scope et périmètreMon activité est-elle couverte par un scope reconnu de ce programme, et mon site est-il intégralement dans le périmètre ?Module des programmes reconnus du GFSI et cadrage avec l'organisme
2. Exigence client et marchéQuel référentiel mes clients acceptent-ils, et lequel est demandé par écrit dans nos contrats ou appels d'offres ?Cahiers des charges clients, questionnaires fournisseurs, équipe commerciale
3. Maturité du SMSDAAvons-nous un HACCP maîtrisé, des PRP formalisés, et le cas échéant une base ISO 22000 exploitable ?Diagnostic interne, résultats d'audits précédents, revue de direction
4. Capacité documentaire et données fournisseursPouvons-nous produire rapidement les preuves fournisseurs (certificats, spécifications, analyses, plans de contrôle) pour 100 % des matières et services achetés ?Cartographie des achats, base fournisseurs, taux de documents expirés
5. Trajectoire et transitionsQuelle version sera applicable à notre audit, et quel calendrier de transition devons-nous absorber ?Règles du propriétaire de programme et communication de l'organisme

Critère 1 - le périmètre. Un référentiel reconnu pour la transformation ne couvre pas automatiquement la production primaire, l'emballage ou le stockage. Commencez par cartographier vos activités site par activité.

Critère 2 - l'exigence client. C'est souvent le critère qui tranche réellement : si trois de vos cinq premiers clients demandent BRCGS, l'analyse comparative s'arrête là. Faites formaliser la demande par écrit, y compris la version acceptée.

Critère 3 - la maturité. Passer de zéro à un référentiel de système complet n'a pas le même coût interne que faire évoluer un HACCP déjà solide. Évaluez votre écart programme par programme, pas dans l'abstrait.

Critère 4 - la donnée fournisseur. C'est le critère le plus sous-estimé. Les référentiels diffèrent peu sur l'exigence de fond (« maîtrise des achats ») mais beaucoup sur le volume de preuves attendu. Un site qui gère 400 références d'ingrédients et 60 conditionneurs ne prépare pas l'audit de la même manière qu'un site à 30 références.

Critère 5 - la trajectoire. Les versions évoluent. Choisir un référentiel juste avant une transition de version revient à préparer deux fois le même audit : vérifiez la version applicable à votre date d'audit avant de signer.

Les 7 erreurs fréquentes dans le choix d'une certification GFSI

  1. Choisir le référentiel avant de clarifier le scope. On compare des marques alors que la question est « quelle activité, quel périmètre, quels produits ».
  2. Confondre « certificat GFSI » et certificat d'organisme. On affiche une mention que le GFSI interdit (« GFSI certified », logo) et on fragilise sa crédibilité commerciale.
  3. Se fier à un PDF reçu par mail. Un certificat expiré, hors scope ou délivré sur une version non reconnue circule encore très souvent dans les dossiers fournisseurs.
  4. Arbitrer sur la notoriété plutôt que sur les exigences clients. Le meilleur référentiel est celui que votre donneur d'ordre accepte et que vous pouvez démontrer.
  5. Sous-estimer la charge documentaire fournisseurs. Le référentiel réputé « plus simple » devient le plus coûteux si vos preuves sont dispersées entre boîtes mail, serveurs et classeurs.
  6. Vouloir un seul certificat pour des activités hétérogènes. Multi-activités, multi-sites et façonnage demandent parfois plusieurs scopes, voire plusieurs programmes.
  7. Oublier la culture sécurité des aliments et l'engagement de la direction. Ces exigences transverses se préparent, elles ne se improvisent pas la veille de l'audit.

Données fournisseurs et audit GFSI : ce que l'auditeur regarde vraiment

Quel que soit le référentiel retenu, une part importante des constats d'audit se joue sur la capacité à prouver par la donnée : qui est ce fournisseur, que couvre exactement son certificat, quelle est la version des spécifications, où sont les résultats d'analyse, et comment savez-vous que le document est toujours valide.

Les preuves documentaires attendues

Un auditeur ne se contente pas d'un dossier « fournisseurs » complet : il teste la cohérence entre ce que vous déclarez acheter, ce que vous avez comme preuve et ce qui est réellement utilisé en production. La gestion des documents réglementaires fournisseurs - certificats, spécifications, fiches techniques, déclarations d'allergènes, certificats de non-OGM, attestations diverses - est donc un processus à part entière, avec des règles de validité, de version et de relance. C'est là que se concentre l'essentiel du travail de préparation, avant même la rédaction du dossier d'audit.

La traçabilité et la réaction aux alertes

Les référentiels demandent une traçabilité amont-aval testable et une capacité à réagir vite en cas d'incident. Un exercice de rappel ou une simulation de retrait est plus convaincant lorsque vous savez, en quelques minutes, quelles références ont été livrées, par quel lot et avec quelles preuves documentaires associées. Le suivi des alertes RASFF s'intègre à cette logique : identifier si un fournisseur ou une matière est concerné, décider, tracer la décision.

Les données qui dépassent la sécurité des aliments

Un audit GFSI ne traite pas de tout, et c'est une bonne raison de ne pas tout mélanger. Mais les données collectées pour la sécurité des aliments servent aussi ailleurs : la conformité EUDR, par exemple, exige des informations de traçabilité et de géolocalisation qui recoupent largement vos données d'approvisionnement. La réglementation européenne sur les produits zéro déforestation illustre ce mouvement : un même socle de données fournisseurs, correctement structuré, alimente plusieurs obligations.

Le rôle de Tracklab dans ce dispositif

Tracklab est une plateforme de centralisation des données fournisseurs et produits : elle rassemble les documents, suit leurs échéances, structure les informations par fournisseur, site et référence, et exploite par IA les données contenues dans les documents (certificats, spécifications, rapports d'analyse) pour les rendre exploitables. Elle ne remplace ni un ERP, ni un organisme certificateur, ni un système de management : elle sécurise la matière première de vos preuves, celle que vous présenterez en audit et que vos acheteurs consulteront entre deux audits.

Questions fréquentes

Certification GFSI :
vos questions.

GFSI, c'est quoi exactement ?

Le GFSI (Global Food Safety Initiative) est une initiative sectorielle du Consumer Goods Forum qui définit des exigences de référence pour les programmes de certification en sécurité alimentaire. Il ne certifie pas les entreprises et ne délivre aucun certificat : il reconnaît des programmes, par version et par scope d'activité.

Existe-t-il un vrai « certificat GFSI » ?

Non, au sens strict. Vous détenez un certificat délivré par un organisme certificateur, au titre d'un programme reconnu par le GFSI (IFS Food, BRCGS, FSSC 22000, SQF, GLOBALG.A.P., etc.). La mention « GFSI certified » est spécifiquement déconseillée par le GFSI, car elle laisserait croire qu'il est l'émetteur.

Quelle est la liste des certifications GFSI reconnues ?

Elle n'est pas figée : elle évolue avec les versions de programmes et les décisions de reconnaissance. La seule source à jour est le module des propriétaires de programmes reconnus, sur le site du GFSI, que l'on filtre par scope. Pour la certification GFSI comme pour un audit interne, cette vérification prend deux minutes et évite un écart majeur.

IFS Food ou BRCGS : comment trancher ?

Par les exigences clients d'abord : regardez quel référentiel est demandé dans vos contrats et appels d'offres, et pour quelle version. Par la suite, comparez l'écart entre votre système actuel et chaque référentiel. Si les deux sont acceptés, la différence se jouera sur la charge documentaire et sur votre capacité à démontrer la culture sécurité des aliments.

FSSC 22000 est-il plus exigeant qu'IFS Food ?

Ce n'est pas la bonne question. FSSC 22000 est une certification de système adossée à l'ISO 22000, avec des exigences additionnelles ; IFS Food est un référentiel de site orienté production, avec une notation par score. Un site déjà structuré en ISO 22000 trouvera souvent FSSC 22000 plus cohérent ; un site très orienté distribution européenne trouvera IFS Food plus lisible pour ses clients.

Peut-on cumuler plusieurs référentiels sur un même site ?

Oui, c'est fréquent, notamment lorsqu'un site sert des marchés différents. Le cumul se pilote en cherchant les exigences communes dans un système unique, puis en gérant les « plus » de chaque référentiel. Attention : deux certificats ne signifient pas deux fois moins de travail documentaire si les preuves ne sont pas mutualisées.

Combien de temps faut-il pour obtenir une certification GFSI ?

Cela dépend du référentiel, de la taille du site, du nombre de lignes et de l'écart à combler. Un organisme ne s'engage sérieusement sur un calendrier qu'après cadrage du périmètre. Ce qui est prévisible, en revanche, c'est la séquence : cartographie du scope, choix du programme, diagnostic d'écart, plan d'action, audit. Les projets qui dérapent sont presque toujours ceux dont le diagnostic d'écart a été sauté.

Comment vérifier le certificat GFSI d'un fournisseur ?

Trois contrôles : le programme et sa version figurent-ils dans la liste des programmes reconnus, pour le scope de l'activité du fournisseur ? Le certificat mentionne-t-il bien ce scope et les produits concernés ? L'organisme certificateur est-il accrédité pour cette portée ? En cas de doute, l'organisme émetteur reste la source la plus fiable pour les détails du certificat.

Checklist finale : 10 points à valider avant de choisir

  • Scope identifié : activité réelle du site (transformation, conditionnement, stockage, emballage, production primaire) et activités exclues, écrites noir sur blanc.
  • Programme et version reconnus vérifiés sur la liste officielle des propriétaires de programmes reconnus, pour ce scope.
  • Exigences clients formalisées par écrit : référence au programme et à la version acceptée.
  • Écart évalué entre votre SMSDA actuel et chaque référentiel candidat, avec un plan d'action daté.
  • Périmètre d'audit cadré avec l'organisme : sites, lignes, produits, activité sous-traitée.
  • Cartographie des achats à jour : matières, emballages, services, façonnage.
  • Taux de documents fournisseurs valides mesuré, avec une règle de relance avant échéance.
  • Preuves de traçabilité testables sur un exercice de rappel, avec les lots et les fournisseurs associés.
  • Gouvernance définie : pilote du projet, revue de direction, preuves de culture sécurité des aliments.
  • Calendrier de transition de version intégré à la date d'audit visée.

La prochaine étape concrète est courte : reprenez la grille de décision ci-dessus, remplissez la colonne « preuves disponibles » pour vos dix principaux fournisseurs, et vous saurez si votre frein est le choix du référentiel ou la disponibilité de vos données.

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